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Chronique

Image de l'article Votre site web vous appartient-il vraiment ?

Ce jour-là arrive rarement au bon moment. Le contrat vient à échéance, les frais augmentent, ou le fournisseur ne répond plus aussi vite qu’avant. L’organisme décide de changer — et découvre que son site ne le suivra pas.

Il faut alors tout reconstruire : les textes, la structure des pages, les formulaires, parfois même les photos. Pour une direction générale qui jongle déjà avec les demandes de subvention, le conseil d’administration et la paie, c’est un chantier dont personne n’avait besoin. Et ce qui fait le plus mal ne se voit pas tout de suite.

La bonne nouvelle : tout cela se vérifie avant de signer. Que vous planifiiez une création de site web pour organisme ou que vous soyez déjà engagé avec un fournisseur, quelques questions simples suffisent pour savoir où vous en êtes.

Posséder son site : cinq choses, pas une

On parle de « notre site » comme d’un tout. En réalité, c’est un assemblage de cinq éléments distincts. On peut en conserver certains et en perdre d’autres — c’est précisément là que se cachent les mauvaises surprises.

  • Le nom de domaine. Votre adresse web, par exemple monorganisme.org. Il doit être enregistré au nom de l’organisme, pas à celui du fournisseur ni d’un ancien bénévole parti en 2019.
  • Les fichiers. Le code, le gabarit graphique, les images, les documents téléchargeables. C’est la mécanique du site.
  • La base de données. C’est là que vivent vos pages, vos actualités, vos réglages, et souvent les réponses à vos formulaires.
  • Le contenu. Vos textes et vos photos, indépendamment de la technologie qui les affiche.
  • Le référencement acquis. L’ancienneté de vos pages, les liens que d’autres sites ont faits vers vous, la confiance accumulée auprès des moteurs de recherche.

Garder son nom de domaine sans les fichiers, c’est garder l’adresse d’une maison qu’il faut rebâtir. Garder le contenu sans la structure, c’est avoir les meubles, mais pas les plans.

Les plateformes tout-en-un : pratiques, avec des conditions à lire

Les plateformes tout-en-un ont la cote dans le milieu communautaire, et on comprend pourquoi. Gestion des membres, dons en ligne, billetterie, infolettre et site web dans un seul abonnement : pour une petite équipe, c’est un soulagement réel. La mise en ligne est rapide et il n’y a presque rien à entretenir.

Le revers se trouve souvent dans les conditions d’utilisation. Le site est construit avec les outils internes de la plateforme, et ces outils ne fonctionnent que chez elle. Une plateforme bien connue des organismes québécois l’écrit d’ailleurs noir sur blanc. Les données saisies peuvent être exportées en format tableur, mais : « Seul le site web ne sera pas exportable vers une autre solution. »

Autrement dit, vous repartez avec votre liste de membres dans un fichier Excel, mais sans votre site. La clause est claire, honnête même. Le problème n’est pas qu’elle existe ; c’est qu’on la lit souvent quatre ans trop tard.

Ces plateformes conviennent très bien à certains organismes, notamment ceux dont le site sert surtout de porte d’entrée vers les dons ou les inscriptions. L’enjeu n’est pas de les éviter. C’est de s’engager en sachant ce qu’on laissera derrière soi le jour où on partira.

Le coût caché : votre ancienneté auprès des moteurs de recherche

Reconstruire des pages, ça se fait. Ça demande du temps et de l’argent, mais ça se fait. Ce qui ne se rachète pas, c’est l’historique.

Une page en ligne depuis des années, citée par la municipalité, un regroupement ou un partenaire du réseau de la santé, a gagné une crédibilité auprès de Google. Si les adresses des pages changent et que personne ne prévoit de redirections, ces liens mènent dans le vide. Et si votre site vivait sur une adresse fournie par la plateforme plutôt que sur votre propre domaine, il n’y a même rien à rediriger : pour les moteurs de recherche, vous redevenez un nouveau venu.

C’est ici que se joue la distinction la plus importante de cet article. Héberger ailleurs, c’est déménager le même site chez un autre fournisseur : mêmes pages, mêmes adresses, même historique. Repartir de zéro, c’est bâtir un nouveau site en ne conservant, au mieux, que le nom de domaine. Les deux s’appellent « changer de fournisseur ». Leurs conséquences n’ont rien à voir.

Quatre questions à poser avant de signer

Nul besoin d’être technicien pour les poser. Demandez simplement les réponses par écrit : un courriel vaut mieux qu’une promesse lancée pendant une démonstration.

  • À qui le nom de domaine sera-t-il enregistré ? La réponse attendue : au nom de l’organisme, avec un accès que vous contrôlez vous-même.
  • Si nous partons, que récupérons-nous exactement, et dans quel format ? Un « vos données sont exportables » ne suffit pas. Faites préciser lesquelles : le contenu des pages, les fichiers, la base de données, ou seulement vos listes de contacts ?
  • Le site peut-il fonctionner chez un autre hébergeur ? Si la réponse est non, vous savez dès maintenant que partir voudra dire reconstruire.
  • Quels sont les délais et les frais pour obtenir une copie complète ? Certains fournisseurs facturent l’exportation, d’autres exigent un préavis. Mieux vaut l’apprendre maintenant qu’en pleine transition.

Un fournisseur à l’aise avec ces questions vous répondra sans détour. Une réponse floue est aussi une réponse.

Comment vérifier soi-même ce qu’on peut récupérer

Votre site est déjà en ligne ? Quelques vérifications suffisent pour y voir clair, sans compétence technique particulière.

Commencez par le nom de domaine. Demandez à votre fournisseur qui en est le titulaire officiel et où il est enregistré. Idéalement, vous avez votre propre accès au compte du registraire — sinon, c’est la première chose à régulariser.

Cherchez ensuite, dans votre tableau de bord, une fonction d’exportation. Essayez-la vraiment. Ouvrez le fichier obtenu : contient-il vos pages et vos textes, ou seulement vos contacts ?

Demandez enfin une sauvegarde complète du site. Si votre site repose sur un logiciel libre, cette demande devrait être banale et réglée en quelques jours. Si elle suscite un malaise ou une facture surprise, prenez-en note : c’est une information précieuse.

Rassemblez aussi vos accès : registraire, hébergement, tableau de bord du site, outils statistiques. Notez-les dans un endroit sûr, partagé avec au moins deux personnes de l’organisme. Dans le milieu communautaire, les équipes changent souvent, et un mot de passe qui ne vit que dans la tête d’une personne partie en congé ou vers un autre emploi peut bloquer un organisme pendant des semaines.

Pendant que vous y êtes, dressez la liste de vos pages les plus consultées, avec leur adresse complète. Ce document tient sur une page. Le jour d’un déménagement, il permettra de prévoir les redirections et de protéger une bonne partie de votre visibilité.

Ce qui reste quand on part

Même dans le pire scénario, tout n’est pas perdu. Trois choses doivent vous suivre, peu importe le fournisseur.

Le nom de domaine, d’abord. C’est votre identité en ligne : il figure sur vos dépliants, vos demandes de financement, vos signatures de courriel. Tant qu’il est à votre nom, vous pouvez le faire pointer où vous voulez.

Le contenu, ensuite. Même si une plateforme ne vous remet pas le site, rien ne vous empêche de copier vos textes et de télécharger vos photos avant de partir. C’est fastidieux, pas impossible. Mieux encore : gardez dès aujourd’hui une copie de vos textes importants de votre côté.

Les données de vos donateurs, enfin — et c’est le point le plus sensible. Noms, coordonnées, historique des dons : ces renseignements vous ont été confiés. Au Québec, la Loi 25 rend l’organisme responsable des renseignements personnels qu’il détient, y compris lorsqu’ils sont hébergés chez un fournisseur. Savoir où ils se trouvent et comment les récupérer n’est donc pas un luxe.

Vous n’avez pas à tout régler cette semaine. Choisissez une seule des quatre questions et envoyez-la à votre fournisseur actuel. Sa réponse vous dira si vous êtes locataire ou propriétaire de votre site — et, dans les deux cas, vous saurez enfin sur quoi vous appuyer.

Clause d’exportabilité citée : page « Contacter notre équipe », publique, plateforme concernée. Vérifiée à nouveau le 21 septembre 2026.
Serge Latour est le fondateur de 1001Web.ca, agence web de Montréal-Anjou qui conçoit et entretient des sites pour les OBNL et les PME du Québec depuis 2008.

Chez 1001Web, chaque site est bâti sur WordPress, hébergé au Québec et livré avec tous ses accès : fichiers, code source, base de données et nom de domaine appartiennent à votre organisme. Les sites démarrent à 2 000 $, avec un rabais de 15 % OBNL et OSBL sur la création. Le devis est gratuit et détaillé poste par poste.

1001Web.ca — Anjou, Montréal — depuis 2008 — 514-972-5102

 

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