Tout le Québec

Sélectionnez une ville/municipalité

Sélectionnez une ville/municipalité

Publicité

Chronique

Avec environ 3500 personnes, de tous âges, admises en urgence par année, l’Hôpital en santé mentale Albert-Prévost avait atteint les limites de sa capacité. Grâce à un don de 20 millions de dollars qu’a reçu la Fondation de l’Hôpital de Sacré-Cœur de Montréal, le centre hospitalier entrera dans une nouvelle ère.

Fondé en 1919, l’Hôpital Albert-Prévost est le pionnier de la psychiatrie moderne au Québec. Photo : Benoît Dosseh/JDV

Lors de la cérémonie annonçant la contribution de la Fondation Lise et Giuseppe Racanelli, un témoignage de résidentes — patiente et professionnelle — a mis en évidence les installations inadéquates pour les patients, leurs proches et les équipes soignantes.

Selon Adélaïde De Melo, PDG du CIUSSS du NIM, ce geste de la famille Racanelli est le plus généreux jamais fait en santé mentale au Québec.

À quoi servira cette somme ?

État des lieux

Les docteurs Mélanie Jodoin, Alexis Thibault et Louis De Beaumont. Photo : Benoît Dosseh/JDV

Contrairement à plusieurs secteurs de la santé physique, où les dons permettent souvent d’acheter des appareils coûteux, les investissements en santé mentale prennent fréquemment la forme de programmes, comme la zoothérapie ou l’art-thérapie. Cependant, avec l’achalandage actuel, la salle d’attente de l’Hôpital en santé mentale Albert-Prévost déborde très vite. Parmi les patients admis à l’urgence, 30 % sont hospitalisés. Cela crée une promiscuité qui constitue un facteur anxiogène additionnel aux maux des patients.

Au cours de la cérémonie, le docteur Alexis Thibault, chef du service d’urgence, a mis en lumière les défis quotidiens du personnel soignant et le mal-être des patients. « On peut avoir une personne très âgée qui a un problème de trouble anxieux, crise d’angoisse à côté d’un jeune très agité en crise psychotique ou en paranoïa. Le fait qu’il y a cette promiscuité cause des enjeux de sécurité. »

Quand un patient arrive à l’hôpital psychiatrique, c’est souvent dans l’un des moments les plus sombres de sa vie. Un milieu physique peu accueillant ou dépourvu d’intimité peut alors aggraver la détresse, particulièrement lors d’une première visite en psychiatrie, plutôt que de favoriser le rétablissement.

Des lieux qui font partie du traitement

« En santé mentale, les lieux sont le traitement », insiste Julie Pouliot, PDG de la Fondation de l’Hôpital de Sacré-Cœur de Montréal. Ce don « exceptionnel » permettra de créer un environnement guérissant avec des espaces plus modernes, confidentiels, plus accueillants, mais surtout mieux adaptés.

Le projet vise à doubler la capacité d’accueil de l’urgence. Il inclut des chambres d’apaisement avec de nouveaux lits et un environnement plus chaleureux pour favoriser l’acceptation du diagnostic et le rétablissement. Un espace pour les familles et les organismes est également prévu.

La rénovation comportera une réfection complète, une optimisation des espaces existants et l’agrandissement d’une aile. Les plans seront diffusés après l’approbation de Santé Québec.

Une chaire consacrée à la schizophrénie

Environ 30 % des patients de l’hôpital souffrent de la schizophrénie. Une partie du don de la Fondation Lise et Guiseppe Racanelli permettra également de créer la Chaire Véronique Racanelli, consacrée à la recherche sur la schizophrénie.

En partenariat avec l’Université de Montréal, cette chaire réunira des chercheurs et cliniciens pour mieux comprendre les différentes trajectoires de la schizophrénie et offrir des traitements plus adaptés. Elle accélérera la transformation des découvertes en interventions concrètes, tout en formant une nouvelle génération de spécialistes.

« Mon plus grand espoir, c’est que nous puissions amener le plus de patients à vivre dans la société, qu’on les fasse sortir de la marge et qu’ils puissent vivre dans la dignité », affirme Louis De Beaumont, directeur de la recherche et de l’innovation du CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-Montréal.

 

Fondé il y a plus de 100 ans, l’Hôpital en santé mentale Albert-Prévost reçoit principalement des patients de 18 ans et plus, dont 60 % ont entre 18 et 44 ans.

À propos de l'organisme

Partagez sur votre réseau:

Publicité